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Madagascar

Les ignames à Madagascar

(description faite par Flacourt au 17ème siècle).

Nous connaissons que les Martiniquais par exemple consomment beaucoup cette denrée, mais ils ne sont pas les seuls, car à Madagascar aussi, on en cultive beaucoup de variétés dont nous passeront en revue certaines d'entre elles.

L'igname est utilisée depuis toujours comme plante vivrière. En raison de leurs tubercules riches en amidon, différentes espèces ont été cultivées sur divers continents à l'époque préhistorique : en Afrique, au sud de l'Asie, et surtout dans les Caraïbes. Dans certains pays d'Afrique tropicale, ainsi qu'à Madagascar, les tubercules sont aujourd'hui encore un aliment de base. Certaines espèces contiennent de la dioscorine, un alcaloïde toxique qui se décompose lors de la cuisson.

On dit une igname et cette appellation courante vient du mot mandingue d'Afrique Occidentale « niam », qui donne en Amérique le mot « yam ».

Il y a plusieurs espèces d'ignames que les malgaches nomment « ouvi ». Il y a des « ouvifoutchi » des « soabei », des « cambares », des « ouviharen ».

Les « ouvifoutchi (Dioscorea seriflora) sont les meilleurs de toutes et les plus chères. Ces racines deviennent très grosses quand elles sont en bonne terre et il y en a qui viennent aussi grosses que le corps d'un homme.

Les « soabei » (Dioscorea soso) sont à peu près la même chose que la variété ci-dessus, mais elle vient moins grosse et sont tout aussi blanc.

Les « cambares » ou (campares) de kambara, nom générique des tubercules (Dioscorea bemarivensis) se divisetnen 2 espèces. Les unes sont violettes, les autres blanches et sont toutes deux agréable au goût. Quand on plante le « cambare », il en viendra trois ou quatre dans une même pièce. C'est donc rentable !!

Les « ouvihare » (Beilschmiedia oppositifolia) sont les moindres et les moins chères qui sont bonnes aussi, mais elles se multiplient davantage que les autres et portent plus de profit au maître qui nourrit ses esclaves avec.

Il y a une autre espèce de racine qui s'appellent « offeque ». C'est une espèce d'ouvi mais qui est fort amer ; les malgaches font tremper cette racine et bouillir pour ôter son amertume, puis les vendent ainsi. Les nègres en sont forts friands. Certaines gens, après avoir ôté leur amertume, les font sécher au soleil jusqu'à ce qu'elles soient dures comme du bois, et ainsi elles se gardent un an ou deux et même plus, sans se gâter, et étant cuite, elles reviennent dans l'eau et se ramollissent en sorte qu'elles sont très agréables.

Il y a d'autres espèces d'ouvi qui s'appelle « mavondre », qui sont très agréables au goût dont dans une plante, il y aura quelquefois 10 à 12 racines. Cette espèce charge moins l'estomac que les autres, mais possède une petite peau qui est amère.

Il y a d'autres espèces d'ouvi qui se nomment « valeve ou triats » qui sont comme les « soabei » et les « ouviharen ».

D'autres sortes d'ouvi, viennent naturellement sans les cultiver, comme les « ouviempasso », « ouvirandre », les « fanghits », « valaye », « fandre », « hombouc » et autres sortes de racines que mangent les gens ; ils les cherchent en cas de famine ou pendant une période où les vivres manquent.

Les « ouviempasso » (Dioscorea tanalarum) sont des racines grosses comme le bras et assez longues. Elles sont aussi bonnes au goût que les « cambares » et elles se trouvent dans les bois près de la mer.

Les « ouvirandre » (Aponogeton fenestralis) sont de petites racines seulement comme le pouce, qui sont très bonnes à manger, elles se trouvent dans les étangs, c'est une herbe dont la feuille est longue comme la main et large de deux doigts.

Les « ouvidambou » c'est la racine d'une sorte de vigne comme celle qui croît à l'île Sainte-Marie. La plante porte des raisins noirs approchant du goût du muscat, mais âpres à la bouche, le bois meurt tous les ans. On pourrait faire du bon vin de messe avec, disait Flacourt, au 17ème siècle. Le goût de la racine est très mauvais et dure de digestion. Les gens n'en mangent qu'en cas de grande famine. Cette rampe dont la racine se nomme « ouvidambou » (igname de pourceau), donne desfeuillessemblables à la vigne.

Le « vahalaye » (Dioscorea bemandy) est une espèce de racine d'une rampe qui vient dans les endroits comme Ampatres, Maafales. Elle vient grosse comme la tête d'un homme et a le goût de poire. Elle se mange crue ou cuite.

Les « fanghits » sont d'autres racines qui viennent monstrueusement grosses, mais ont un goût moins agréable que le « vehalaye », et sont plus humides. Ces racines apaisent la faim et la soif. Elles se mangent crues et se digèrent facilement.

Il y aurait encore à dire, mais arrêtons nous là, car ce récit n'est qu'une description des ignames au 17ème siècle, faite par Flacourt.

Chantal Leperlier

Sources: Guide des plantes tropicales, Histoire de la Grande Isle Madagascar

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